Si les managers adoptent les mêmes outils au même moment, ce n’est pas forcément parce qu’ils sont les plus adaptés.

Nombre d’académiques ont observé que depuis un siècle de multiples outils de gestion (matrice BCG, méthode des 7S, etc.) se sont succédés à intervalles plus ou moins réguliers pour venir orienter, de façon significative, les méthodes de gestion des firmes du monde entier. Comment expliquer que nombre de managers adoptent, au même moment, le même outil de gestion ?

Une première explication suggère que les managers adoptent un outil car il est le plus approprié pour répondre simplement et efficacement aux contraintes techniques auxquels ils sont confrontés. Dans leur article « Understanding Radical Organizational Change », les chercheurs Royston Greenwood et C. R. (Bob) Hinnings observent toutefois que cette explication n’est pas entièrement satisfaisante. En effet, elle ne permet pas de comprendre pourquoi un grand nombre de managers adoptent le même outil de gestion, de façon quasi simultanée, alors qu’ils appartiennent à des secteurs d’activités différents, soumis à des logiques distinctes.

Les chercheuses Pamela S. Tolbert et Lynne G. Zucker, dans leur article « Institutional Sources of Change in the Formal Structure of Organizations », estiment à cet égard qu’il convient de dépasser la vision selon laquelle seule la valeur intrinsèque d’un outil de gestion déterminerait sa demande. Il conviendrait, autrement dit, de prendre à la fois en considération les éléments d’ordre « technico-économique » (c’est-à-dire liés à la gestion de l’entreprise en tant que telle) et les éléments d’ordre « socio-psychologique » (liés au décideur en tant qu’individu) afin d’élucider ce phénomène.

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